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Οκτάβιος και Μέλπω Μερλιέ

Αρχειοθήκη ιστολογίου

Σάββατο, 7 Ιουνίου 2008

« Melpo, c’est la Grèce, c’est la Méditerranée, c’est encore l’Italie entrevue en 1918 ».

Octave Merlier, Directeur de l’Institut Français d’Athènes de 1925 à 1961, n’aurait su mieux saisir cet être solaire dont il fera sa femme et qui, au-delà des tourmentes de toutes les guerres, restera pour lui ce rivage entrevu, la silhouette d’un espoir se promenant au Sud de la carte inhumaine de l’Histoire.

Melpo Logothétis est née à Xanthe en 1889 mais c’est à Constantinople qu’elle fut élevée par un père médecin, Miltiades Logothétis, qu’elle perdra lorsqu’elle aura 15 ans. Sa mère et elle quittèrent alors l’Orient pour aborder cette minuscule flaque sur le globe : le lac de Genève. L’on sait depuis les folies que suscita ce lac qui mit au monde plus de voyageurs et de poètes que toutes les mers et les océans réunis ! Songeons à Blaise Cendrars, Ella Maillart ou Nicolas Bouvier qui repoussèrent l’étroitesse de leurs frontières jusqu’aux bordures extrêmes de l’Asie. Genève, ramènera donc Melpo, elle aussi, en Orient, à Athènes cette fois, où elle commencera à enseigner la musique et son histoire au Conservatoire.

En 1919, la jeune fille, renonçant à la carrière de pianiste pour se pencher plus silencieusement sur l’étude des partitions, choisit Paris pour préparer une thèse de musicologie sur « La chanson populaire grecque ». Ce n’est donc pas le nez penché sur d’obscurs grimoires mais bien en selle que Melpo écrivit sa thèse. Elle parcourut inlassablement, à dos de mulet, les sentiers tortueux de la Grèce Centrale, pour noter, à l’oreille, d’un village à l’autre, les paroles et les mélodies de 66 chants populaires : « Partout où je passais, je fus reçue comme une princesse. Les plus humbles comme les plus pauvres m’offrirent l’hospitalité, lavèrent et repassèrent mon linge, me présentèrent leurs plus beaux fruits ». Cette expérience des hommes et de leurs rites familiers devait naturellement ouvrir le champ de ses perspectives et faire de la musicologue une ethnographe. Par conséquent, le centre d’archives musicales qu’elle fonda en 1929, devint un centre d’études où seront recueillis non seulement les musiques et chants populaires des Grecs d’Asie Mineure mais aussi leurs coutumes, leurs croyances et leurs langues. Une équipe de scientifiques établira une carte détaillée de la Cappadoce et près de 3000 photographies restitueront les visages de ces Grecs d’Asie Mineure à leurs sites, leurs monuments, leurs lumières et leurs pierres…

C’est à la Sorbonne qu’Octave, un miraculé de Verdun, fit la rencontre de Melpo qui n’était alors qu’une jeune lectrice de grec moderne travaillant sous la direction d’Hubert Pernot. Comme nombre de ses camarades, Octave Merlier avait dû, à 19 ans, quitter sa classe de khâgne du lycée Henri IV, pour revêtir l’uniforme et monter au front. La classe 17 partit sous les drapeaux en janvier 1916. Hubert Pernot, dont Merlier avait suivi les cours à la Sorbonne, lui faisait parvenir assez régulièrement des lettres l’encourageant à apprendre, sous le feu du combat, au moins un mot de vocabulaire par jour. Dans une sorte de journal de guerre, Merlier consigna après 64 jours passés en première ligne : « Je commence à lire mieux dans le grand livre de la vie ». Si l’effroi du jeune homme face à la réalité brutale de l’enfer ne s’est pas converti en un désespoir absolu, sans doute est-ce le fait de sa volonté tenace mais peut-être aussi à ces quelques mots de grec gagnés sur la boue, sur le sang, sur la nuit. Le grec fut toujours pour Octave Merlier une langue d’élévation et de résistance. Ce fut vrai dans les tranchées de 1917, et ce fut vrai en 1941 lorsqu’il fut détenu à Aurillac par les forces vichystes et qu’il entreprit un long travail de recherche sur la langue grecque du nouveau testament.

Au retour de Verdun, Merlier retrouva son professeur, le philosophe Alain, qui l’accueillit par ces mots qui le sauvèrent : « Vous n’avez pas 23 ans, vous n’en avez que 19. Les quatre années perdues sont comme si elles n’avaient pas été. Repartez comme si vous n’aviez que 19 ans. Mais oui, vous n’avez que 19 ans ».

En juin 1923, sorti plus fort d’un temps qui répandit pourtant en lui quelques braises à jamais brûlantes, il passa son agrégation de grammaire avant d’épouser Melpo, le 17 novembre, à la mairie du 6ème arrondissement. Selon Sikélianos « son union avec Madame Melpo Merlier, née Logothéti, avec cette femme d’une si noble délicatesse, mais aussi d’une puissance intellectuelle tout à fait exceptionnelle, constitua, à n’en pas douter, de véritables « noces mystiques », c’est-à-dire l’union non pas de deux êtres, mais de deux patries, dans leurs incarnations les plus hautes, et qui avaient, la même prédestination créatrice ».

Merlier fut quelques mois professeur au Havre avant d’être nommé en décembre 1924 à l’École Giffard, ancêtre de l’Institut Français d’Athènes.

Le 4 janvier 1925, à 6h du matin, Octave et Melpo arrivèrent en rade du Pirée.

Tandis qu’Octave s’employait à bâtir chaque jour plus solidement les fondations de ce qui deviendrait le prestigieux Institut Français d’Athènes, Melpo poursuivait ses recherches, en particulier sur la musique byzantine, et constitua autour de quelques amis une association de musicologues : le Syllogue des chansons populaires. La musique fit ainsi son entrée dans le quotidien de la rue Sina, comme le relate avec tendresse Octave Merlier dans sa correspondance : (31 janvier 1929) « Il est 3h. La voix de Melpo et de son chantre vient jusqu’à moi. Les papagaga retentissent et traînent langoureusement comme une mélopée orientale ». Mais le 27 avril 1941, c’est un claquement de bottes qui se fait entendre : les Allemands marchent sur Athènes. La gestapo convoque Octave Merlier qui est mis au secret dans une cellule de la prison Averoff puis gardé à vue à l’Institut. Le 25 juillet 1941 il est appelé par Vichy à regagner la France. Melpo restera à l’Institut. Elle connaîtra la grande famine qui s’abattra sur la ville : les gens s’effondrent, inanimés, il faut enjamber les corps décharnés, certains dans un dernier râle repoussent encore la pièce d’or qu’on dépose à leurs côtés... Le 19 mai 1942, après avoir mis en vente ses bijoux, Melpo pu enfin rejoindre Octave Merlier à Aurillac où il était assigné à résidence. Cette semi-captivité ne l’empêchera nullement d’entrer en résistance sous le nom de Laurent ni même de poursuivre ses travaux universitaires. En décembre 1944 Octave Merlier soutiendra sa thèse sur la langue du quatrième évangile : la conquête de la liberté passe encore par une victoire de l’intelligence ! Si une muse s’est penchée sur son berceau, Melpo su lui ravir son prénom et ses charmes. Peu à peu Melpo va donner corps à la muse Melpomène en consacrant sa vie au chant. Elle sera la première grecque à réaliser des disques de chansons populaires et de cantiques byzantins grâce à l’aide précieuse du Professeur Hubert Pernot qui, de Paris, lui fournira des appareils d’enregistrement de la célèbre maison Pathé. Cet exigeant travail a été publié pour sa plus grande part sur les presses mêmes de l’Institut Français d’Athènes dont nous célébrons cette année le Centenaire. 1974 sera l’année de la grande exposition sur les Grecs d’Asie Mineure à la Mairie d’Athènes. Octave Merlier relatera, non sans émotion, cet événement majeur qui couronna une vie entière de collaboration entre la France et la Grèce : (26 mai 1974) « Notre exposition ne nous rapporte pas un sou, mais la célébrité, et de grandes et belles émotions humaines. 30.000 personnes, dont 10.000 élèves des grandes classes des lycées sont venues voir l’Hellénisme de l’Asie Mineure, dans ses 16 provinces. Un millier de photographies (18x24) montrent les paysages, les cités, les écoles, les professeurs, les élèves, les personnalités, mais aussi tout le travail accompli durant 44 ans par Melpo et ses collaborateurs, avec 5.200 informateurs de toutes les provinces de l’Asie Mineure, et 145 000 pages de matériel oral – soit l’équivalent de 150 volumes de 300 pages imprimées – toute une bibliothèque ».

Melpo Merlier s’est éteinte le samedi 3 novembre 1979, mais l’Institut Français d’Athènes résonne encore des gammes de sa voix et tous ici se souviennent de la noble ambition que ces deux êtres d’exception auront portée jusqu’à nous, car l’Institut est aujourd’hui notre maison :

« Notre maison est un centre, centre idéologique, centre intellectuel, centre grec, centre français, centre gréco-français, centre que sais-je encore ! Notre maison c’est l’Institut, c’est l’Alliance Française, c’est les Boursiers, c’est les Archives Musicales de Folklore. J’en suis parfois malade, mais je crois, hélas, qu’il n’y a rien à faire ! » Melpo Merlier, 31 mars 1946.

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